Les collèges privés : qui finance ?

 Les coûts de fonctionnement (hors scolarité) et d’investissement des collèges publics sont pris en charge par les conseils généraux. Qu’en est-il pour les collèges privés ?
Les rémunérations des personnels enseignants des établissements privés sous contrat sont prises en charge par l’Etat. Voici ce que dit la loi pour le fonctionnement de ces établissements :[1]
"Les dépenses de fonctionnement des classes sous contrat d'association des établissements d'enseignement privés du second degré sont prises en charge sous la forme de contributions forfaitaires versées par élève et par an et calculées selon les mêmes critères que pour les classes correspondantes de l'enseignement public […]"

La première contribution est calculée par rapport aux dépenses correspondantes de rémunérations des personnels non enseignants.
Le coût total des personnels publics (ATOS) est pris en compte et, rapporté au nombre d’élèves scolarisés dans le public, permet d’établir un coût personnel par élève. La restauration et l’hébergement ne rentrent pas dans la convention et donc le temps affecté à ces missions par le personnel ATOS ne rentre pas dans le calcul.

"Elle est majorée d'un pourcentage permettant de couvrir les charges sociales et fiscales afférentes à la rémunération de ces personnels, qui demeurent de droit privé, et les charges diverses dont les établissements publics sont dégrevés. […][2]."
Après étude, il apparaît que les charges sont équivalentes, voire plus faibles pour les agents de droit privé. Il n'y a donc pas lieu de majorer la contribution du Département.

"La seconde contribution est calculée par rapport aux dépenses correspondantes de fonctionnement de matériel afférentes à l'externat des établissements de l'enseignement public. Elle est majorée d'un pourcentage permettant de couvrir les charges diverses dont les établissements d'enseignement public sont dégrevés."
Ainsi sont prises en compte dans le calcul :
- Les charges à caractère général : prestation de chauffage urbain, entretien et réparations, primes d'assurances, abonnements aux technologies de l'information et de la communication dans l'enseignement,
- La participation départementale liée à la mise à disposition des élèves des installations sportives couvertes et des bassins de natation pour l'enseignement de l'éducation physique et sportive.
- Ainsi que certaines dépenses d'investissement :
- les travaux d'entretien et de réparation courants des bâtiments affectés à l'enseignement obligatoire,
- le matériel de bureau et le mobilier scolaire,
- le matériel et outillage technique, 
- les dépenses d'équipement, hors matériel informatique et enseignement général professionnel adapté.

La loi Falloux mentionne que les conseils généraux peuvent subventionner les dépenses d’investissement des établissements privés sous contrat à hauteur de 10 %. Le conseil général du Puy-de –Dôme n’a pas retenu ce principe.
Aux termes d’une négociation avec l’UDOGEC[3], le coût moyen par élève a été majoré de 3% dans le Puy de Dôme.

Par ailleurs, sont également prises en compte dans le calcul, certaines dépenses liées à des dispositifs facultatifs: U.L.I.S[4], certains déplacements pédagogiques et sportifs, collège au cinéma...). Ainsi, le département contribue à hauteur de 229 €/an pour chaque élève inscrit dans un dispositif ULIS.

Comment sont utilisées ces subventions publiques ?
Seules les subventions facultatives sont fléchées, c'est-à-dire versées en fonction des objectifs pris en compte pour l’attribution. Pour les subventions obligatoires, le département n’a aucun droit de regard sur l’utilisation des crédits. Les dépenses de personnel ne sont pas fléchées, ni pour le taux d’encadrement, ni pour la qualification des personnels… Ce qui peut ouvrir la porte à certains dysfonctionnements, comme par exemple, favoriser des rémunérations importantes du personnel de direction au détriment d’un taux d’encadrement satisfaisant. De plus, alors que les collèges privés bénéficient d’une parfaite équité dans l’attribution des moyens, ils n’ont pas les mêmes devoirs. Ces collèges se réservent le droit accepter ou de refuser des élèves.
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Dépenses liées aux collèges dans le département du Puy-de-Dôme
Le coût de l’investissement éducatif (travaux, grosses réparations et équipements suite aux réparations) s’élève à 24.77 M€ et coût de fonctionnement lié à la vie des collèges à 12.21 M€ au budget primitif 2012.



[1] loi n° 2009-1312 du 28 octobre 2009
[3] Union départementale des organismes de gestion de l'enseignement catholique
[4] Unités Localisées pour l'Inclusion Scolaire, ex-UPI